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Le blog Écoles du Cameroun

Enseignement maternel et primaire, politiques publiques de l'éducation de base et actualité scolaire — des articles sourcés, signés par des enseignants et praticiens de terrain.

Rentrée scolaire 2026/2027 au Cameroun : ce qui attend le préscolaire et le primaire

Publié le 7 septembre 2026 · Politiques publiques & actualité

Co-signé par NGAN Pulchérie Bardo, institutrice expérimentée, coach certifiée et enseignante certifiée en Programmation Neurolinguistique (+237 650 90 80 23) et MATIP KENDEG Charles Lwanga, expert en politiques publiques, enseignant du secondaire expérimenté, coach certifié et enseignant certifié en Programmation Neurolinguistique (+237 699 08 68 52), avec l'équipe Écoles du Cameroun.

Ce lundi 7 septembre 2026, des millions d'enfants camerounais reprennent le chemin de l'école maternelle et primaire. La décision conjointe signée le 14 août 2026 par le ministre de l'Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, et la ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, fixe le cadre de l'année : les cours s'étendent du 7 septembre 2026 au 30 juillet 2027, en trois trimestres. Les personnels administratifs avaient repris dès le 31 août et les enseignants le 2 septembre, selon la CRTV.

Le calendrier en bref

Une école de masse : les chiffres qui cadrent l'année

Le primaire camerounais est un système de très grande taille. Selon les données compilées par la Banque mondiale et l'UNESCO, il comptait environ 5,29 millions d'élèves en 2023/2024, pour un taux net de scolarisation d'environ 96 % — l'un des meilleurs d'Afrique centrale. Le corps enseignant du primaire réunissait la même année environ 121 450 enseignants, soit un ratio moyen d'environ 44 élèves par maître ; mais si l'on ne compte que les enseignants qualifiés, ce ratio grimpe autour de 64 élèves par maître qualifié. Derrière la moyenne nationale se cachent des classes de zone urbaine dense ou de zone d'éducation prioritaire qui dépassent largement les 80, voire 100 élèves.

Le vrai défi n'est plus l'accès, c'est l'apprentissage

C'est le paradoxe central de l'école camerounaise : presque tous les enfants y entrent, mais trop peu y apprennent suffisamment. La Banque mondiale estimait (données 2019) que 72 % des enfants n'atteignent pas le seuil minimal de compréhension d'un texte simple en fin de primaire — et l'immense majorité de ces enfants sont pourtant scolarisés. L'évaluation régionale PASEC 2019 pointait en particulier les mathématiques comme point faible du sous-système francophone. Autrement dit, la bataille de la décennie ne se gagne plus à la porte de l'école, mais dans la salle de classe : formation des maîtres, manuels effectivement disponibles, taille des classes et suivi individualisé des élèves.

Le regard des praticiens. En tant qu'enseignants et coachs, nous constatons chaque année la même chose : les premières semaines décident souvent de l'année. Un enfant qui prend confiance en septembre — parce qu'on valorise ses réussites plutôt que de sanctionner ses débuts — aborde différemment la lecture et le calcul. Les outils de la pédagogie positive et de la communication adaptée à l'enfant ne remplacent ni les manuels ni les effectifs raisonnables, mais ils changent concrètement le climat de classe et la relation parents-école.

Gratuité proclamée, coûts réels pour les familles

L'école primaire publique est gratuite en droit au Cameroun depuis 2000 (suppression des frais exigibles). Dans les faits, l'Institut national de la statistique estimait en 2022 que les ménages financent encore près d'un tiers de la dépense d'éducation au primaire : frais d'APEE (associations de parents d'élèves, encadrés par un décret de 2001), uniformes, fournitures, transport et soutien scolaire. À chaque rentrée, ces coûts pèsent d'abord sur les familles les plus modestes — un point de vigilance récurrent pour les politiques publiques d'éducation de base, alors que le budget de l'éducation représente autour de 13 % du budget de l'État (18 à 19 % hors service de la dette).

Les zones d'éducation prioritaire, chantier de l'équité

Les écarts territoriaux restent la ligne de fracture du système. Les quatre régions classées zones d'éducation prioritaire (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord) concentrent le retard scolaire, le surâge (13,3 % en 2023/2024) et le redoublement (11,6 %), tandis que les crises sécuritaires continuent de perturber la scolarisation dans certaines zones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Pour cette rentrée 2026, la presse rapporte d'ailleurs un dispositif sécuritaire renforcé autour des établissements dans les régions concernées. L'équité territoriale — affecter les maîtres qualifiés là où ils manquent le plus — demeure, selon nous, le levier de politique publique au meilleur rapport coût-efficacité.

Nos cinq conseils de rentrée aux parents

Sources.

Chiffres à la date de publication (7 septembre 2026), arrondis, provenant des sources citées ; ils peuvent être révisés par les institutions productrices. Cet article d'information ne remplace pas les communications officielles du MINEDUB.