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Qui enseignera à nos enfants ? Former et recruter les instituteurs, chantier n°1 du primaire camerounais

Publié le · Politiques publiques

Co-signé par NGAN Pulchérie Bardo, institutrice expérimentée, coach certifiée et enseignante certifiée en Programmation Neurolinguistique (+237 650 90 80 23) et MATIP KENDEG Charles Lwanga, expert en politiques publiques, enseignant du secondaire expérimenté, coach certifié et enseignant certifié en Programmation Neurolinguistique (+237 699 08 68 52), avec l'équipe Écoles du Cameroun.

Derrière chaque statistique scolaire, il y a un maître. Le primaire camerounais comptait environ 121 450 enseignants pour près de 5,3 millions d'élèves en 2023/2024, soit un ratio moyen d'environ 44 élèves par maître — mais autour de 64 élèves par maître qualifié si l'on ne compte que les enseignants formés. La question qui conditionne toutes les autres est donc simple à poser et difficile à résoudre : qui formera, recrutera et paiera les instituteurs dont l'école de base a besoin ?

D'où viennent les instituteurs ? Le parcours ENIEG

La voie officielle passe par les Écoles normales d'instituteurs de l'enseignement général (ENIEG). On y entre par concours, à trois niveaux selon le diplôme : en première année avec le BEPC (ou le GCE Ordinary Level en quatre matières), en deuxième année avec le probatoire, en troisième année avec le baccalauréat toutes séries (ou le GCE Advanced Level en deux matières), entre 17 et 32 ans. La formation débouche sur le CAPIEMP, le diplôme d'aptitude pédagogique exigé pour enseigner au maternel et au primaire. Le cadre de ces écoles est ancien : dès 2012, un conseil de direction commun constatait qu'elles fonctionnaient encore largement sur la base d'un décret de 1980 et appelait à leur modernisation — un chantier de réforme toujours d'actualité.

Le paradoxe camerounais : des diplômés sans poste, des classes sans maître

Le Cameroun forme chaque année des milliers de titulaires du CAPIEMP, mais tous ne trouvent pas de poste public. Dans de nombreuses écoles, surtout rurales, ce sont les « maîtres des parents » — des enseignants recrutés et payés directement par les associations de parents d'élèves — qui font tourner les classes. La Banque mondiale documentait déjà l'ampleur du déficit en 2014 : un enseignant pour 53 élèves en moyenne, un manuel de lecture pour douze élèves (2011), et une dépense publique d'éducation d'environ 3,3 % du PIB, en dessous de la moyenne d'Afrique subsaharienne (4,3 %). Dix ans plus tard, le déficit de maîtres qualifiés reste la contrainte principale de la qualité des apprentissages.

La réponse publique : la contractualisation, vague après vague

Depuis 2019, l'État recrute des instituteurs contractuels dans le cadre du Programme d'appui à la réforme de l'éducation (PAREC), financé par la Banque mondiale : environ 1 000 recrutés la première année, puis des opérations de 3 000 postes, avec un objectif affiché de 18 000 instituteurs contractuels. Une phase de 3 000 postes supplémentaires a été ouverte en octobre 2024 (CAPIEMP exigé, 40 ans au plus), et une nouvelle opération de contractualisation reçoit les dossiers du 6 au 31 janvier 2026 dans les inspections d'arrondissement de l'éducation de base. Le dispositif prévoit aussi la conversion des maîtres des parents remplissant les critères en instituteurs contractuels — une reconnaissance attendue de longue date par ces enseignants de fait.

Les limites qu'il faut dire honnêtement

Le recrutement ne règle pas tout. En 2021, la presse rapportait que 6 000 instituteurs recrutés en début d'année travaillaient depuis des mois sans salaire, le ministère invoquant des contraintes budgétaires, pendant que les syndicats — dont le SNICOMP — dénonçaient des affectations sans rémunération initiale. Les contractuels doivent en outre patienter de longues années avant une éventuelle intégration à la fonction publique, et les mouvements d'enseignants pour la régularisation des statuts et des salaires ont continué ces dernières années. Recruter des maîtres est nécessaire ; les payer à temps, les former en continu et les affecter là où les besoins sont les plus criants — notamment dans les zones d'éducation prioritaire — l'est tout autant.

L'éclairage PNL : former les formateurs et encadrer les nouveaux maîtres

Ce chantier de la formation des maîtres est aussi un terrain d'application direct pour les outils de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), au service d'un groupe cible précis : les formateurs d'ENIEG, les inspecteurs pédagogiques et les directeurs d'école chargés d'accompagner les milliers de contractuels et de maîtres des parents qui arrivent dans les classes. Trois outils s'y transposent concrètement. Le modelage : observer finement ce que font réellement les maîtres les plus efficaces d'une inspection — leurs gestes, leurs consignes, leur gestion des grands groupes — pour le décomposer et le transmettre explicitement aux débutants, au lieu de s'en remettre au seul talent individuel ; c'est une méthode de transmission du savoir-faire adaptée à la formation continue. Le feedback calibré : lors des visites de classe, décrire d'abord des faits observés, faire reformuler l'enseignant, puis convenir d'un point de progrès unique — une posture qui installe des attitudes d'amélioration plutôt que la crainte de l'inspection. Enfin, les objectifs bien formulés : aider chaque maître à définir un objectif pédagogique précis, positif, mesurable et sous son contrôle pour le trimestre, plutôt qu'une injonction générale — un levier simple pour l'élaboration des plans locaux de renforcement des capacités. La PNL est un ensemble d'outils de coaching et de communication : elle complète les référentiels officiels de formation des maîtres, elle ne les remplace pas.

Ce que parents et communautés peuvent faire

Sources.

Chiffres à la date de publication (9 septembre 2026), provenant des sources citées ; certains portent sur des années antérieures explicitement indiquées et peuvent être révisés. Cet article d'information ne remplace pas les communications officielles du MINEDUB.

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